Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 21:40
par Camille Coupeur

Cette nouvelle a été primée au concours d’écriture de nouvelles du Festival de Littérature de Jeunesse de Rouen 2008. Elle a été éditée dans le recueil Inspiration et autres nouvelles.

 

 

− Maman, Maman !!! Tu sais que demain c’est mon anniversaire … Et tu sais aussi que je voudrais le fêter à la piscine avec tous mes copains … Alors je peux ?

− Écoute Maxime, je t’ai déjà répondu tout à l’heure, tu peux y aller…

− Youpi !

− …que si ta sœur t’accompagne !

− Et si elle ne veut pas ?

− Tu n’iras pas.

À ce moment là, Maxime se précipita dans la chambre de sa sœur Lola pour lui demander de venir.

− Lola, Lola !!!

− Où je dois t’accompagner cette fois ! La semaine dernière, c’était à la patinoire où tes insupportables copains me faisait tomber, celle d’avant, c’était au parc et ils n’ont fait que de me pousser jusqu’à ce que je tombe dans la mare… Alors c’est où cette semaine que je refuse en te claquant la porte au nez ?

− Non ! Cette fois, tu peux pas dire non parce que c’est mon anniversaire ! Donc tu m’accompagneras à la piscine sinon je dis à maman que tu m’as tapé !

C’est sur ces derniers mots que Lola tapa son frère en lui disant :

− Tiens ! au moins tu ne le diras pas pour rien !

− Aïe ! Maman !

− Lola ? Qu’est-ce que tu as fait à ton frère ?

− Bah… il m’a dit qu’il allait te dire que je l’avais tapé alors que c’est faux donc comme je l’aime bien je l’ai tapé pour ne pas qu’il mente.

− Je ne comprends pas comment on peut raisonner de cette manière, puisque c’est comme ça, tu accompagneras ton frère à la piscine que tu le veuilles ou non.

La mère et le fils quittèrent la chambre de Lola qui, pour se venger décida de rendre la vie impossible à sa mère et son petit protégé. Pour cela, elle devait trouver ce qui les énerverait  le plus. Elle alla s’asseoir dans le coin le plus sombre de sa chambre, juste à côté de son bureau et elle réfléchit.

Après de longues réflexions, Lola se dit que le meilleur moyen d’échapper à la piscine c’était de tomber malade. Pour cela, elle avait trois solutions : attraper la grippe en sortant dehors sans manteau ni écharpe − en hiver, on est sûr d’attraper quelque chose ; avant de partir à la piscine, respirer du poivre pour éternuer au point d’être obligé de s’allonger quelque part ; provoquer une crise d’asthme une heure avant de partir pour la piscine.

Dans toutes ces solutions, Lola préférait de loin la dernière. Il fallait maintenant trouver comment provoquer la crise d’asthme. Elle commençait à peine à trouver des solutions que sa mère l’appela :

− Lola ! Dépêche-toi, tout le monde est déjà dans la voiture ! Ton sac aussi, il ne manque plus que toi !

Quoi ! Lola n’en croyait pas ses oreilles. Ils n’étaient sensés aller à la piscine que le lendemain ! Maintenant elle ne pouvait plus ni provoquer de crise, ni de maladie. Elle était obliger d’y aller et cela la mis dans une colère si profonde qu’elle n’adressa la parole ni à sa mère, ni à son frère.

Lorsqu’elle rentra dans le bassin, son frère et ses huit copains essayèrent de la couler. Au début elle résista puis elle coula… une fois… puis une deuxième fois… puis une troisième… Elle coula au moins une bonne dizaine de fois avant de sentir ses forces l’abandonner peu à peu. Elle commençait à voir flou… Non ! NON !! NON !!! Pas maintenant ! …se dit-elle en essayant de repousser la crise.

Plus Lola essayait de sortir la tête de l’eau et de se libérer de ces monstres de neuf ans qui ne voyaient pas qu’elle était au bord de l’asphyxie, plus ceux-ci la tenaient fermement. Elle manquait d’air… Elle allait s’évanouir ! Et personne ne s’en souciait. Dans un dernier effort, elle réunit toutes ses forces, où au moins celles qui lui restaient pour sortir la tête hors de l’eau et hurler qu’elle ne pouvait plus respirer. Premier essai : raté ; Deuxième essai : raté ; Troisième essai:

« STOP ! JE NE PLUS RESPIR… blub blub blub.

Sa tête retourna violement dans l’eau et elle faillit s’évanouir une première fois. Elle voulait recommencer son avertissement mais elle n’avait plus assez d’énergie. Et là, elle s‘évanouit avant de prendre conscience que cela faisait une minute qu’elle n’avait plus respiré et que pour une asthmatique, c’était beaucoup trop.

Pin-pon ! pin-pon ! … Vite le masque à oxygène… Il faut appeler les parents… Allo ? Madame…. coma ou évanouissement ?... Attention apparemment elle est asthma… Lola ne sait plus où elle est … Elle entend des voix et … le noir …encore.

Lorsque Lola se réanima, elle regarda autour d’elle et elle vit des murs blancs, sous elle, elle sentit un lit confortable, mais qui n’était pas le sien. Elle sentit un vent frais passer sur son visage et elle vit sa mère et son frère à côté d’elle. Elle savait où elle était. Elle ne voulait pas l’avouer, elle ne veut pas que cela recommence. Pas encore !

Lola réussit à articuler quelques sons, ce qui fit bondir sa mère. À cet instant, son frère s’excusa au nom de ses copains et lui à une telle vitesse que sa sœur ne put le suivre. Lorsque Maxime eut fini sa longue tirade, le médecin expliqua à Lola qu’elle devrait rester en surveillance pendant dix jours et qu’elle passerait au moins deux tests par jour. Le médecin repartit et Maxime s’adressa à elle :

− Tu n’aimes toujours pas les repas de l’hôpital ?

− Non.

− J’ai une idée alors, plus bas pour que sa mère ne l’entende pas. Tous les jours je t’apporterai des gâteaux et des trucs bons à manger. D’accord ?

Il avait parlé si bas que même Lola n’avait rien entendu. Comme sa mère, en l‘entendant comploter avec sa sœur, s’était rapproché, il ne tenta pas une deuxième explication et décida de lui faire la surprise.

Une heure plus tard, quand Maxime et sa mère furent partis, une infirmière arriva avec un cadeau dans les mains. Elle lui dit que cela venait des amis de son frère, mais qu’il y avait une lettre à l’intérieur :

− Comment ont ils pu faire cela en une heure ? demanda Lola.

− Je vois Mademoiselle que personne ne vous à mis au courant, vous avez était dans le coma pendant… attendez … trois jours ! Et c’est la plus grosse crise que vous ayez connue d’après vos archives. Voilà si vous avez quelque chose à me demander, n’hésitez pas, demandez-moi.

Une fois l’infirmière partie, Lola ouvrit le cadeau et lut la lettre qui s’y trouvait. Elle fut d’abord touchée par la lettre et lorsqu’elle vit le cadeau, elle voulut tout de suite leur pardonner. Ils lui avaient offert (en se cotisant, comme le précisait la lettre) une console de jeux portable dernier cri, plus (séparément, toujours dans la lettre) un jeu chacun pour qu’elle ne puisse pas s’ennuyer à l’hôpital.

Le frère de Lola passait tous les jours avec sa mère et apportait à chaque fois des gâteaux, bonbons, sucettes et autres gourmandises pour que sa sœur ne mange pas que les repas de l’hôpital.

Bientôt, Lola put sortir de l’hôpital et elle fut, depuis cet incident, beaucoup plus gentille avec son frère et ses copains, qui l’étaient eux aussi envers elle.

Camille COUPEUR

Publié dans : Nouvelles
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