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LE SINGE
de Stephen King (1985)
L’histoire :
De nos jours, aux Etats-Unis, Hal Shelburn voit ressurgir un singe en peluche dont il s’était débarrassé vingt ans plus tôt. Ce singe terrifiant provoquait la mort de quelqu’un à chaque fois
qu’il frappait ses cymbales : un garçon, ami de Bill, sa mère, sa baby-sitter, tous étaient morts à cause du singe. Bouleversé, Hal trouve le courage de le jeter dans un lac, au péril de sa
vie.
Les
personnages :
- aujourd’hui :
Hal Shelburn
Terry Shelburn, sa femme
Dennis Shelburn, son fils aîné (douze ans)
Petey Shelburn, son fils cadet (neuf ans)
- dans le passé :
Bill Shelburn, le frère aîné de Hal
leur mère
Oncle Will
Tante Ida
Beulah McCaffery, la baby-sitter noire
Johnny McCabe, le meilleur ami de Hal
Commentaires :
La nouvelle évoque une courte histoire de Richard Matheson, « Proie », dans laquelle une statuette essaie de tuer une jeune femme (Stephen King compare le singe à un Pygmée meurtrier).
Elle évoque aussi le film Gremlins (Hal fait allusion à un cadeau rapporté par son père d’un voyage à l’étranger, tandis qu’il roule avec son fils
Petey dans une Gremlin).
Le récit alterne présent et passé. Dans le présent, Hal et sa famille sont de passage dans le Maine pour trier les objets ayant appartenu à leur son oncle Will et à sa tante Ida, décédés ; parmi ces objets, les enfants de Hal découvrent le singe hideux que Hal enfant avait jeté dans un puits. Les souvenirs affluent alors dans la mémoire de Hal, ce qui donne lieu à plusieurs retours en arrière relatant les méfaits du singe.
Plus que les événements, c’est l’ambiance qui importe. Du singe maléfique émane une horreur qui réside essentiellement dans l’esprit de Hal : car c’est lui qui associe le bruit des cymbales du singe et les morts violentes qui se produisent dans son entourage. De même, c’est dans sa tête seulement que le singe lui parle. La nouvelle est donc clairement fantastique puisque l’on hésite entre deux lectures : la première fait du singe un objet réellement maléfique, la seconde fait tout reposer sur l’imagination de Hal. Même le dénouement, où un orage soudain se déchaîne sur le lac dans lequel Hal se débarrasse du singe, et où la barque dans laquelle il se trouve se désintègre littéralement sous lui, peut être lu comme l’expression de la terreur qui agite Hal, bien que son fils Petey en soit aussi le témoin (Petey, très proche de son père, « matérialise » en quelque sorte l’enfant que fut celui-ci).
Comme souvent, Stephen King place les événements dans le contexte d’une famille
dysfonctionnelle : Hal est encore affecté par la perte de son emploi qui a obligé toute la famille à déménager et l’a contraint à une réduction de salaire, sa femme prend du Valium, Dennis
fume de l’herbe et se montre hostile envers son père.
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